Bilan de l'incroyable été 2026 !
Mardi 8 septembre 2026 :
L'été 2026 est de loin le plus chaud jamais enregistré en France. Il sort complètement des références climatiques et n'aurait sans doute pas été possible sans le réchauffement anthropique. Il détrône très largement le célèbre été 2003 (23,1 °C ---> 24,0 °C). Il y a eu seulement 5 jours sous les normales contre 86 au-dessus ! Le nombre de records battus est édifiant (des milliers à travers le pays) et les canicules n'ont fait que s'enchaîner depuis le mois de mai atteignant des niveaux historiques ! Un exemple saisissant, à Bordeaux la barre des 40°C a été franchie à 7 reprises en 2026, c'est plus que sur l'ensemble de la période allant de 1920 à 2025 (5 fois, 1ère occurrence en 2003) !!
La saison a été marquée également par un fort déficit pluviométrique et une sécheresse parfois inédite (toujours d'actualité). Au 1er septembre, 44 % des cours d'eau français sont en rupture d'écoulement ou complètement secs (assec). Dans ces conditions les incendies ont été particulièrement virulents et ont touché de nombreuses régions. Au total, près de 70 000 hectares de forêt et de végétation sont partis en fumée entre le 1er juin et le 31 août, soit 7 fois plus que la moyenne observée entre les années 2015 et 2025.
A ma station de Bard, la température moyenne du trimestre juin, juillet et août s'élève à 22 °C, soit 4,4 °C au-dessus des normales ! Nous avons donc vécu ici un été semblable à celui observé habituellement en Vallée du Rhône dans les années 1990. Si nous remontons plus loin, il aurait même pu être qualifié de "trop chaud" au poste de Montélimar-Ancone : norme trentenaire 1961-1990 de 21,2 °C... Un autre chiffre révélateur de cet été complètement hors norme est le nombre de jours égal ou au-dessus de 30 °C sur l'année : nous en sommes à 36 unités contre une normale de 7-8 jours/an. Si nous comparons toujours avec Montélimar, sur la même période de 30 ans centrée vers 1980, cette localité enregistrait en moyenne 29,8 jours >= 30 °C sur une année entière.
Évidemment, ici aussi, le manque d'eau associé aux fortes chaleurs a mis à rude épreuve nos écosystèmes. Les orages du 16 juillet auront tout de même évité une agonie encore plus dramatique de la faune et de la flore ! Ceci étant dit, la situation n'est pas brillante. Les pluies prévues les 27-28 août ont totalement snobé le secteur et la sécheresse atteint à nouveau un seuil historique. Cette année encore, les forêts souffrent et le taux de mortalité des arbres ne cesse d'augmenter. Même des essences pourtant très tolérantes, telles que le pin sylvestre, supportent difficilement ce nouveau climat. Les bouleaux ont été très impactés, même en altitude (> 1000 mètres). Sur la commune, la rivière du Cotayet ne s'écoule plus en aval des Goutelles...
Septembre a décidé d'enfoncer le clou. Nous venons de battre à 2 reprises le record de chaleur mensuel datant de 2023 (31,0 °C) : 32,2 °C vendredi passé et 32,8 °C hier ! Et toujours pas de réelle dégradation pluvieuse à l'horizon. Quelques petits millimètres d'eau sont possibles demain avec une pause fraîcheur de 2-3 jours, ensuite retour à des conditions sèches et trop chaudes pour l'époque.
L'ensemble des relevés des derniers mois est à jour et consultable sur le site, même ceux de Pierre-sur-Haute :
Archives climatologiques Bard - Relevés de température à Pierre-sur-haute






